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Créer et vendre son propre scénario compatible Donjons & Dragons : ce qu’il faut savoir en 2026

Créer son propre scénario de jeu de rôle, le proposer en PDF, le partager avec une communauté ou même le vendre : beaucoup de rôlistes en rêvent. Mais dès que l’on parle de Donjons & Dragons, une question revient très vite : a-t-on vraiment le droit de créer du contenu compatible avec D&D ? Et surtout, peut-on le vendre ?

La réponse courte est oui, c’est possible. Mais il faut comprendre le cadre, les limites et les bonnes pratiques pour éviter les erreurs.



Une possibilité qui existe depuis longtemps


La création de contenu compatible avec Donjons & Dragons n’est pas une nouveauté. Depuis les années 2000, la licence OGL a permis à de nombreux créateurs, éditeurs et auteurs indépendants de proposer des scénarios, règles, monstres ou univers inspirés du système de jeu de D&D.


Mais les choses ont beaucoup évolué ces dernières années. Aujourd’hui, le SRD 5.1 est disponible sous licence Creative Commons Attribution 4.0, aussi appelée CC-BY-4.0. Cela signifie qu’un créateur peut utiliser le contenu autorisé du SRD, à condition de respecter les règles d’attribution prévues par la licence.


En 2025, Wizards of the Coast a aussi publié le SRD 5.2, basé sur les règles révisées de 2024, également sous licence Creative Commons. Wizards précise que ce document ne peut pas être retiré de Creative Commons une fois publié sous cette licence.


Bureau de maître du jeu avec dés, cartes et carnet illustrant la création de scénario de jeu de rôle


Qu’est-ce que le SRD ?


Le SRD, ou System Reference Document, est un document de référence qui contient une partie des règles utilisables par les créateurs.

Il ne contient pas tout Donjons & Dragons. Il ne donne pas accès à l’intégralité des livres officiels, ni aux univers protégés, ni à toutes les créatures emblématiques. Mais il donne une base suffisante pour créer du contenu compatible : scénarios, aventures, aides de jeu, monstres originaux, objets magiques, options de règles ou petits suppléments.

En clair, le SRD est la boîte à outils légale qui permet de créer du contenu compatible avec D&D, sans prétendre publier du contenu officiel Donjons & Dragons.



Peut-on vendre un scénario compatible Donjons & Dragons ?


Oui. Un créateur peut écrire un scénario compatible avec les règles du SRD, le proposer gratuitement ou le vendre.

Il peut donc créer un PDF, le publier sur son propre site, le vendre sur une boutique en ligne ou le proposer via une plateforme indépendante. Le scénario peut être gratuit, à prix libre ou payant.


La différence importante, c’est la manière de le présenter. On ne vend pas un scénario “officiel Donjons & Dragons”. On vend un scénario compatible avec les règles du plus célèbre jeu de rôle médiéval-fantastique, ou compatible avec la 5e édition, selon la formulation choisie.


Magicien affrontant un dragon dans une scène épique de fantasy inspirée de Donjons et Dragons

Gratuit ou payant : les deux sont possibles


Un scénario gratuit peut être un excellent moyen de se faire connaître. Il permet de toucher une communauté, d’attirer des meneurs de jeu, de tester un univers et de créer une première base de lecteurs.


Un scénario payant peut aussi être parfaitement légitime. Si le travail est original, bien présenté, bien maquetté et respecte le cadre de la licence utilisée, rien n’empêche un créateur de le vendre.


On peut donc imaginer plusieurs formats :

Un scénario court gratuit pour 3 à 5 heures de jeu.

Une aventure complète vendue en PDF.

Une campagne en plusieurs épisodes.

Un recueil de scénarios.

Un univers original compatible avec les règles du SRD.

Une gamme complète de suppléments indépendants.



Ce qu’un créateur peut faire


Un créateur peut écrire une aventure originale, créer ses propres lieux, inventer ses propres personnages, développer ses propres factions, proposer ses propres monstres et construire une intrigue totalement personnelle.

Il peut utiliser les règles autorisées par le SRD pour indiquer des caractéristiques, des jets de sauvegarde, des classes d’armure, des points de vie ou des mécaniques de jeu compatibles.

Il peut aussi créer un univers entièrement nouveau, avec ses propres royaumes, dieux, cités, cultes, donjons, régions maudites, guildes ou peuples fantastiques.

C’est là que le système devient très intéressant : le créateur ne se contente pas de copier D&D. Il utilise une base de règles connue pour raconter autre chose, avec sa propre identité.



Ce qu’il faut éviter absolument


L’erreur classique serait de croire que “compatible D&D” veut dire “je peux utiliser tout ce qui existe dans Donjons & Dragons”. Ce n’est pas le cas.


Il ne faut pas utiliser la marque Donjons & Dragons comme si le produit était officiel. Il ne faut pas laisser croire que Wizards of the Coast valide, édite ou soutient le scénario.

Il faut aussi éviter d’utiliser les univers officiels comme les Royaumes Oubliés, Ravenloft, Eberron ou Planescape si l’on publie en dehors des cadres prévus pour cela.


Même chose pour certaines créatures très identitaires, comme le beholder ou l’illithid, qui ne sont pas de simples monstres génériques mais des éléments très associés à l’identité de D&D. Le SRD 5.2 ne contient d’ailleurs pas tout le contenu propriétaire de D&D, certains éléments restant exclus pour des raisons de marque et de propriété intellectuelle.



La bonne formulation : “compatible”, pas “officiel”


Pour rester dans un cadre propre, il vaut mieux parler de scénario compatible, d’aventure pour la 5e édition, ou de contenu utilisant le SRD.

L’idée est simple : le joueur ou le meneur doit comprendre qu’il peut utiliser ce scénario avec ses règles habituelles, mais sans croire qu’il s’agit d’un supplément officiel.

On peut donc écrire quelque chose comme :


“Une aventure médiévale-fantastique compatible avec les règles de la 5e édition.”

Ou encore :


“Un scénario original utilisant le contenu autorisé du SRD.”


C’est plus propre, plus professionnel, et cela évite de mélanger création indépendante et publication officielle.


Scène de jeu de rôle fantasy avec aventuriers face à un château et un dragon dans une ambiance orange chaleureuse

Et la Dungeon Masters Guild dans tout ça ?


Il existe une autre possibilité : publier sur la Dungeon Masters Guild.

Cette plateforme permet de créer du contenu pour Donjons & Dragons en utilisant davantage d’éléments officiels, notamment certains cadres, personnages, règles et univers autorisés par la plateforme. La DMsGuild présente justement son fonctionnement comme un moyen simple de publier du contenu D&D en utilisant plus que le simple SRD.


Mais il y a une contrepartie importante : la publication se fait dans le cadre de la DMsGuild, avec ses propres règles, ses conditions et ses limites. Les contenus DMsGuild sont pensés pour cette plateforme, pas pour une diffusion totalement libre partout ailleurs.

Pour un créateur qui veut publier sur son propre site, vendre son PDF dans sa boutique ou proposer son scénario via une plateforme indépendante, le SRD sous Creative Commons est souvent une voie plus souple.



Quelle option choisir ?


Tout dépend du projet.

Si un créateur veut utiliser des éléments officiels, jouer avec des lieux connus, écrire dans un cadre D&D reconnu et accepter les règles de la DMsGuild, alors cette plateforme peut être intéressante.


Mais si le créateur veut garder la main sur son univers, vendre sur son propre site, créer sa propre gamme et construire une identité indépendante, alors la voie du SRD est généralement plus adaptée.


Dans ce cas, il faut créer un monde original, éviter les marques protégées, respecter la licence et présenter le produit comme compatible, sans jamais le faire passer pour du contenu officiel.



Exemple concret :


Imaginons un scénario intitulé La Crypte des Cendres Noires.


Le créateur invente une région appelée les Marches de Velrune, une ancienne abbaye en ruine, un culte oublié et une menace liée à une entité souterraine. Il écrit ses propres PNJ, ses propres lieux, ses propres rencontres et ses propres monstres.


Il utilise les règles du SRD pour donner des indications techniques : difficulté des tests, caractéristiques des créatures, points de vie, sorts autorisés, trésors et objets.


Il vend ensuite son PDF 4,99 € sur son site, en indiquant clairement qu’il s’agit d’une aventure originale compatible avec les règles de la 5e édition.


Dans ce cas, le principe est possible, à condition de respecter le cadre de la licence et de ne pas utiliser de contenu protégé hors SRD.



Pourquoi c’est une vraie opportunité pour les créateurs francophones


La communauté francophone du jeu de rôle est vivante, créative et pleine d’idées. Beaucoup de meneurs écrivent déjà leurs propres scénarios depuis des années, parfois uniquement pour leur table.


Aujourd’hui, ces créations peuvent devenir de vrais contenus partagés : PDF gratuits, scénarios payants, aides de jeu, campagnes courtes, univers maison ou recueils d’aventures.

C’est aussi une belle manière de faire vivre la création indépendante. Un bon scénario n’a pas forcément besoin d’un énorme budget. Il lui faut une idée forte, une ambiance claire, une structure lisible et une vraie envie de faire jouer.



Les bonnes pratiques avant de publier


Avant de mettre un scénario en ligne, mieux vaut vérifier plusieurs points.

Le texte doit être original. Les cartes, illustrations et visuels doivent appartenir au créateur, être libres de droits ou utilisés avec autorisation. Les mentions de licence doivent être présentes. Le scénario doit éviter toute confusion avec un produit officiel.


Il est aussi préférable de soigner la présentation : couverture, sommaire, mise en page, résumé, niveau conseillé, durée estimée, nombre de joueurs, ambiance, avertissements éventuels et conseils pour le meneur.


Un PDF propre inspire confiance. Et dans le monde du jeu de rôle, la lisibilité compte presque autant que l’idée.



En résumé


  • Oui, il est possible de créer un scénario compatible avec Donjons & Dragons.

  • Oui, il est possible de le proposer gratuitement.

  • Oui, il est possible de le vendre.


Mais il faut respecter les règles : utiliser le contenu autorisé du SRD, créditer correctement la licence, éviter les marques et univers protégés, et ne jamais présenter son travail comme un produit officiel.


Pour les créateurs, c’est une vraie porte ouverte. Pour les joueurs, c’est la promesse de découvrir de nouvelles aventures. Et pour la communauté rôliste, c’est une excellente nouvelle : plus il y a de scénarios, plus il y a de mondes à explorer.


Envie de découvrir d’autres scénarios, des ressources ou même publier le vôtre ? Rendez-vous sur JdrCorner, la plateforme dédiée aux passionnés de jeu de rôle.



Dans un donjon oublié, une simple page peut parfois devenir le début d’une grande aventure.




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