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Zombiology : tout savoir sur le JDR de survie zombie français

il y a 10 heures
8 min de lecture

Et si l’apocalypse zombie commençait demain ? Zombiology ne vous demande pas seulement de survivre aux morts : il veut savoir comment des gens ordinaires réagiraient lorsque leur monde s’effondre, que le stress monte et que la panique devient presque aussi dangereuse que les zombies.


Les zombies ont envahi le cinéma, les séries, les jeux vidéo et depuis longtemps les tables de jeu de rôle. Pourtant, Zombiology tente une approche un peu différente. Imaginé par Damien Coltice, créateur de Rôliskatonic, ce JDR français d’horreur et de survie ne cherche pas simplement à aligner des hordes de morts-vivants face à des survivants lourdement armés. Son premier volume, Zombiology - Contamination, s’intéresse surtout à l’outbreak, cet instant fascinant et terrifiant où le monde normal commence à basculer et où personne ne comprend encore vraiment ce qui est en train d’arriver.


Nous sommes en 2029. Les morts commencent à se relever, les autorités tentent de comprendre la situation et la population découvre progressivement une menace qu’elle croyait réservée à la fiction. Les personnages ne sont pas nécessairement des soldats, des experts de la survie ou des héros capables d’abattre dix zombies sans trembler. Ils peuvent être professeur, cuisinier, sage-femme, agent de sécurité ou simplement quelqu’un qui se trouvait au mauvais endroit lorsque tout a commencé. C’est probablement l’un des aspects les plus intéressants de Zombiology : avant de devenir des survivants, les personnages sont des êtres humains ordinaires.



Zombiology - Contamination, le cœur de la gamme


Zombiology - Contamination, livre de règles du JDR d’horreur et de survie zombie
© Rôliskatonic / Damien Coltice – Zombiology

Contamination constitue le premier livre de règles de Zombiology. L’ouvrage compte 256 pages et contient le système de jeu, la création des personnages, les éléments nécessaires pour mettre en scène l’apocalypse ainsi que trois scénarios centrés sur les premières phases de l’invasion.


Le choix de commencer par l’outbreak est particulièrement intéressant. Beaucoup d’univers post-apocalyptiques commencent lorsque le monde est déjà détruit : les survivants connaissent les règles, savent que les zombies existent et ont compris qu’il faut trouver nourriture, armes et abri. Dans Zombiology, le plaisir vient justement du moment où ces certitudes n’existent pas encore. Est-ce réellement une épidémie ? Les autorités vont-elles reprendre le contrôle ? Peut-on encore aller chercher un proche ? Faut-il quitter la ville ? Et surtout : comment réagit-on la première fois qu’une personne que l’on connaît se relève après sa mort ?


Les morts-vivants restent volontairement assez proches du zombie classique : lents, infatigables, dépourvus d’intelligence et animés par la faim. Zombiology semble ainsi davantage intéressé par les conséquences humaines de l’épidémie que par une collection de dizaines de variantes de zombies. Derrière la catastrophe se cache néanmoins une histoire plus vaste autour des origines de la pandémie, dont les premiers éléments sont distillés dans la gamme et notamment dans les Dossiers Zombiskatonic.



L’Adrenaline System : quand le stress devient une mécanique de jeu


Pour faire vivre cette apocalypse, Damien Coltice a développé son propre moteur : l’Adrenaline System. Il repose principalement sur le d100. Lorsqu’une action possède une issue incertaine, le joueur additionne une compétence et une caractéristique, applique les éventuels modificateurs puis doit obtenir un résultat inférieur ou égal au pourcentage obtenu. La lecture du dé permet également de déterminer la qualité d’une réussite et certains résultats entraînent des effets critiques.


Mais l’idée qui donne véritablement son identité au système se trouve ailleurs : le stress, l’adrénaline et la panique ne sont pas seulement des éléments narratifs, ils influencent directement le jeu. Face à une situation extrême, l’adrénaline peut aider un personnage à dépasser ses limites ; poussée trop loin, cette même tension risque cependant de se transformer en panique. Les conflits ne se limitent d’ailleurs pas aux blessures physiques : le système cherche à traiter également les confrontations mentales, psychologiques et sociales.

En combat, les personnages disposent de deux actions par round, qui peuvent notamment servir à attaquer, se déplacer ou se défendre. L’ensemble veut conserver une lecture relativement directe tout en donnant davantage de matière lorsque la situation devient dangereuse.


C’est une orientation qui colle particulièrement bien au zombie. Dans ce genre d’histoire, le problème n’est jamais uniquement de savoir si quelqu’un est capable de frapper un mort-vivant. Il faut également déterminer s’il parvient à garder son sang-froid lorsqu’une porte cède, qu’un ami vient d’être mordu et que vingt silhouettes apparaissent au bout de la rue.



L’Écran du MJ : bien plus qu’un simple paravent


Écran du MJ pour Zombiology - Contamination, jeu de rôle de survie zombie
© Rôliskatonic / Damien Coltice – Zombiology

La gamme propose également un Écran du MJ quatre volets regroupant les principales tables nécessaires au meneur. Mais son intérêt ne s’arrête pas au paravent : l’ensemble comprend également 20 feuilles de personnages, ainsi que deux livrets qui enrichissent directement le jeu.


Le premier contient Cartels zombies, un scénario en huis clos conçu pour être joué en une soirée. Le second, Dossiers Zombiskatonic, compte 16 pages et commence à lever le voile sur les événements précédant la pandémie mondiale de 2029. Il permet ainsi d’introduire progressivement une véritable toile de fond derrière l’outbreak.


À mes yeux, c’est ce qui rend cet écran particulièrement intéressant : ce n’est pas uniquement un accessoire de confort pour le MJ. Il apporte un scénario supplémentaire et du contenu sur l’univers. Pour quelqu’un qui souhaite réellement faire jouer Zombiology sur plusieurs séances, il devient donc rapidement beaucoup plus intéressant qu’un simple écran décoratif.


Contenu de l’écran du MJ Zombiology avec Cartels zombies et Dossiers Zombiskatonic
© Rôliskatonic / Damien Coltice – Zombiology


156 aides de jeu pour rendre l’apocalypse plus concrète


Aides de jeu pour Zombiology - Contamination avec cartes, personnages et documents
© Rôliskatonic / Damien Coltice – Zombiology

Autre élément particulièrement conséquent de la gamme : Zombiology – Aides de jeu rassemble pas moins de 156 éléments destinés à accompagner Contamination. On y trouve des plans à différentes échelles, des visuels, des personnages prétirés, des PNJ, des éléments facilitant la création des personnages ainsi que des outils et conducteurs destinés aux scénarios.


Sur le papier, c’est probablement l’un des compléments les plus intéressants de toute la gamme. Dans un JDR contemporain horrifique, montrer aux joueurs une photographie, un document ou le plan d’un lieu peut immédiatement rendre une scène beaucoup plus crédible. Cela permet également au meneur de limiter les recherches dans le livre pendant la partie.


Rôliskatonic indique d’ailleurs que le projet a été pensé pour fonctionner de manière optimale avec cette boîte d’aides de jeu.


Ce n’est évidemment pas indispensable pour découvrir Zombiology : Contamination reste le livre essentiel. Mais pour un groupe qui accroche au jeu et souhaite renforcer l’immersion, c’est certainement l’un des premiers compléments que nous regarderions.



Le Livret Police : jouer ceux qui sont en première ligne


Livret Police pour Zombiology - Contamination et l’Adrenaline System
© Rôliskatonic / Damien Coltice – Zombiology

Voilà un petit supplément que je trouve particulièrement malin. Zombiology – Livret Police permet de développer les personnages issus des forces de l’ordre, mais son intérêt dépasse largement la simple possibilité de jouer un policier avec une arme et un uniforme.

Le livret ajoute notamment des formations, équipements et règles spécifiques aux différents métiers de la police. Il s’intéresse également au rythme de travail en trois-huit et aux conséquences que peuvent avoir fatigue, vie privée, devoir professionnel et stress chronique sur les personnages. Le supplément est conçu pour fonctionner aussi bien dans une apocalypse zombie que dans un cadre contemporain plus réaliste utilisant l’Adrenaline System.


Et dans le contexte de Contamination, cela prend tout son sens. Que fait un policier lorsque les premiers appels signalent des agressions incompréhensibles ? À quel moment comprend-il qu’il ne s’agit plus d’une intervention normale ? Continue-t-il à suivre les ordres lorsque les communications commencent à disparaître ? Protège-t-il la population ou cherche-t-il sa propre famille ?


Ce type de personnage permet d’aborder l’outbreak depuis un point de vue très différent de celui du citoyen ordinaire, tout en restant parfaitement cohérent avec l’approche de Zombiology.



Le Livret PNJ et Animaux : peupler un monde qui s’effondre


Livret PNJ et animaux pour Zombiology - Contamination
© Rôliskatonic / Damien Coltice – Zombiology

Zombiology – Livret PNJ et Animaux fournit 24 blocs statistiques prêts à jouer, chacun accompagné d’une courte description physique que le MJ peut lire ou adapter directement à la table. Plusieurs profils correspondent également aux professions développées dans le Livret Police, comme le gardien de la paix, le policier de proximité, l’enquêteur ou encore un membre du RAID/GIGN.


Certains profils sont directement exploitables avec les scénarios de Contamination. Le livret ne se contente pas non plus des humains : il fournit notamment les caractéristiques d’un chat, d’un sanglier et d’un Beauceron.


Cela peut sembler être un petit détail, mais les PNJ sont essentiels dans une campagne de zombies. Un inconnu rencontré dans un supermarché peut devenir un allié, un danger, une responsabilité ou quelqu’un que les personnages refuseront d’abandonner. Et lorsqu’un groupe commence à se constituer autour des survivants, disposer de profils immédiatement exploitables évite au MJ de devoir improviser chaque caractéristique.


Une gamme déjà étonnamment complète


C’est probablement ce qui m’a le plus surpris en regardant Zombiology dans son ensemble. Pour un nouveau JDR français, la gamme démarre déjà avec beaucoup de matière : le livre Contamination, l’écran accompagné de Cartels zombies et des Dossiers Zombiskatonic, les 156 aides de jeu, le Livret Police et le Livret PNJ et Animaux. Le scénario du livret découverte vient encore augmenter les possibilités de jeu.


Et l’histoire ne devrait pas s’arrêter là. Damien Coltice indiquait cet été pouvoir se consacrer de nouveau à l’écriture du volume 2, tandis que Rôliskatonic présentait en août Contamination comme le début d’une gamme appelée à poursuivre l’histoire au-delà de l’outbreak.


C’est important : Contamination porte bien son numéro # 1. Le concept semble être de faire évoluer l’univers en même temps que l’apocalypse, plutôt que de livrer immédiatement un monde post-apocalyptique figé.



Alors, que vaut Zombiology ?


Il faut ici distinguer ce que montrent les règles et le matériel de véritables retours de joueurs. Le jeu étant encore très récent, il n’existe pas encore suffisamment d’avis indépendants pour parler d’un consensus. Mais les premiers retours détaillés que nous avons trouvés sont intéressants.


Un retour de partie souligne notamment que les débutants ont rapidement compris le fonctionnement général et apprécie la manière dont l’Adrenaline System modernise certaines mécaniques traditionnelles du d100. Le même retour pointe toutefois une lecture parfois morcelée des règles, certaines mécaniques pouvant être difficiles à retrouver rapidement, ainsi que des chances de réussite assez faibles lorsqu’aucun personnage ne possède la compétence adaptée. Son bilan reste néanmoins positif et l’auteur indique volontiers envisager une campagne avec le système.


C’est un retour intéressant parce qu’il correspond assez bien à ce que laisse entrevoir la conception du jeu : Zombiology ne semble pas chercher le minimalisme absolu. Il veut modéliser suffisamment de choses pour que le stress, la panique, les compétences et les conséquences de l’outbreak aient du poids.



Ce que nous en pensons chez JDRCorner


Sur le papier, Zombiology nous paraît particulièrement prometteur. Son principal atout n’est finalement pas le zombie lui-même. Des JDR de zombies, il en existe déjà. Ce qui lui donne sa personnalité, c’est son envie de s’attarder sur l’humain au moment précis où la normalité disparaît.


Le choix de personnages ordinaires, l’importance du stress, la frontière entre adrénaline et panique, l’approche contemporaine et le développement progressif de la pandémie donnent au jeu une identité suffisamment forte pour ne pas être simplement « encore un jeu avec des zombies ».


Nous apprécions aussi beaucoup l’idée de construire la gamme par étapes. Contamination raconte le commencement, et les prochains volumes pourront faire évoluer la catastrophe. Si Rôliskatonic exploite pleinement cette idée, suivre l'évolution de la pandémie d'un ouvrage à l'autre pourrait devenir l'une des grandes forces de Zombiology.


En revanche, les joueurs qui recherchent un système extrêmement léger et narratif devront probablement accepter un moteur plus cadré. Et pour une première découverte, inutile selon nous de vouloir immédiatement tout acheter : le livre Contamination constitue logiquement le point de départ. Si l’univers vous accroche, l’Écran du MJ et les Aides de jeu prennent alors tout leur sens, tandis que les deux petits livrets permettent de développer des besoins plus spécifiques.



Zombiology arrive en boutiques


Après son financement participatif et la livraison des contributeurs à la fin de l’été, Zombiology # 1 : Contamination et sa gamme arrivent en distribution générale francophone début octobre 2026. Rôliskatonic avait annoncé une distribution en France, Belgique et Québec, tandis que les références professionnelles affichent désormais une disponibilité au 2 octobre 2026.


Pour JDRCorner, c’est exactement le genre de création française que nous aimons suivre : une proposition identifiable, une gamme déjà solide et surtout un univers qui n’en est encore qu’au début de son histoire.


Cet article sera mis à jour au fil des prochaines annonces concernant Zombiology, notamment avec l’arrivée du volume 2 et les futurs développements de l’Adrenaline System.


🎲 L’aventure continue ! Retrouvez nos dossiers, découvertes et analyses consacrés aux jeux de rôle sur table et aux RPG dans le Blog de JDRCorner.

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